Pourquoi vouloir « bien faire » peut nuire à l’hypnose ?
Souvent en formation, des étudiants nous interpellent « J’ai fait toutes les étapes, j’applique la technique comme on nous l’a enseignée, pourtant j’ai l’impression qu’il ne se passe rien. »
La réponse peut être déconcertante mais c’est sans doute parce qu’ils veulent trop bien faire.
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Quand on débute on veut bien faire, on veut induire une jolie transe hypnotique, on surveille chaque petit signe d’apparition de la transe : respiration, mouvements des yeux et des paupières et tous les autres micro-signaux. On pense « est ce que ça va fonctionner, pourvu qu’il parte en transe, est ce que je vais réussir ? »
Le praticien est alors dans une posture paradoxale : il contrôle tout et demande à son patient de se relâcher, de se laisser aller.
L’état hypnotique émerge quand il y a une fixation de l’attention et quand le contrôle exécutif se relâche. Or quand le praticien surinvestit l’induction, il transmet inconsciemment une attente de performance, une pression de résultat et il se focalise sur le fait de « faire quelque chose » plutôt que de laisser quelque chose se produire. La synchronisation aidant, le patient se met en miroir du thérapeute, se focalise sur la performance, analyse et contrôle l’expérience.
L’induction n’est pas un levier mais une invitation, « toute hypnose est fondamentalement auto-hypnose guidée » (Bioy), ce n’est pas une manœuvre technique mais une proposition expérientielle.
Apprendre l’hypnose ce n’est pas uniquement apprendre des inductions, des scripts et des techniques, mais réussir à s’adapter aux contextes et aux besoins, à investir la relation, à écouter le patient et à respecter ses silences, à observer au lieu d’anticiper, à accompagner et non pas à conduire.
Chez Ipnosia, on accompagne les apprenants pendant près de deux ans à développer leur confiance dans le phénomène hypnotique et ainsi, faire émerger des expériences nouvelles, corporelles, aussi bien chez le patient que le praticien.








