"Je ne suis pas réceptif à l'hypnose"
"Je ne suis pas réceptif à l'hypnose", cette phrase vous l'avez toutes et tous entendue. Peut-être l'avez-vous-même dite? Pourtant derrière cette affirmation se cachent des idées reçues et une réalité plus nuancée. Qu'est-ce que ça veut dire ? Que faire avec des patients qui se positionnement ainsi?
On peut interpréter ce discours selon deux axes : les représentations du protagoniste et la notion d'hypnotisabilité.
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Les représentations : Il arrive régulièrement que quelqu'un ayant fait de l'hypnose ait l'impression que "ça n'a pas marché", "qu’il n'est pas parti". Or l'hypnose étant une dissociation, c'est à dire que le patient est à la fois conscient, présent et à la fois un peu ailleurs, dissocié de ses émotions, de ces pensées ou d'une partie du corps. Il ne s'agit pas de partir ailleurs, ça n'est que rarement l'objectif et quand bien même, le patient serait dissocié et pas complètement ailleurs. Le patient a t-il alors fait de l'hypnose : difficile à dire, tout dépend de la définition à laquelle vous adhérez, l'approche phénoménologique définit l'hypnose comme expérience subjective, seul le patient est alors en mesure de dire si transe il y a eu ou non. Parfois on observe des signes de transe, immobilité, respiration ample, absence de déglutition… et le "patient dit ne pas être parti", comment réagir alors ? Il convient à mon sens d'expliquer ce qu'est l'hypnose et ce que ça n'est pas. Ça n'est pas du sommeil, ça n'est pas être ailleurs, c'est quelque chose de familier et d'extraordinaire à la fois.
Beaucoup de personnes connaissent déjà les transes : les grands sportifs, les artistes comme les musiciens, les comédiens, les personnes qui ont un travail répétitif ou les jardiniers… L'intégration de l'expérience par le patient fait partie intégrante de la séance et doit de ce fait être guidée et accompagnée.
L'hypnotisabilité c'est quoi exactement ?
L'hypnotisabilité désigne la capacité d'un individu à répondre aux suggestions. C'est un concept né dans les laboratoires de recherche. Les chercheurs ont voulu explorer les différences entre les individus à répondre aux suggestions. Ils ont créé des échelles : Standford Hypnotix Susceptibility Scale, la Hypnotic Induction Profile ou la CURSS, elles soumettent le sujet à une série de suggestions de difficulté croissante et aboutissent à un score. La distribution de la population selon l'hypnotisabilité suit une courbe en cloche avec environ 10% des sujets qui sont peu hypnotisables et 10% hautement hypnotisables, le reste étant répartis entre les deux.
Les personnes hautement hypnotisables présentent une tendance naturelle à la capacité d'absorption comme à se plonger dans un film ou un livre, une capacité à concentrer son attention sur commande. Mais le rapport à l'imaginaire, à la créativité ou l'intelligence ne sont absolument des facteurs prédictifs d'hypnotisabilité.
Qu'en dit la science ?
Les personnes hautement hypnotisables présentent des modifications de l'activité cérébrales plus marquées que les autres ce qui pourrait expliquer le contrôle attentionnel et la conscience corporelle modifiée.
Mais du coup peut-on modifier l'hypnotisabilité ? La littérature scientifique sur l'hypnotisabilité montre très vite la complexité du sujet : l'hypnotisabilité serait multifactorielle et dépendrait de facteurs génétiques, de l'âge, de l'environnement, de la capacité à se dissocier, de certains traits de personnalité mais aussi de l'état émotionnel, des attentes, de la motivation, de l'usage de certains médicaments, de la fatigue…
Bien que le sujet soit complexe, des études ont montré la possibilité d'améliorer les scores d'hypnotisabilité par l'entrainement. L'alliance thérapeutique semble également en facteur important dans l'amélioration de l'hypnotisabilité. Et les études montrent ce qu'Erickson affirmait déjà à l'époque : les sujets avec des scores d'hypnotisabilités assez faibles répondent mieux aux suggestions indirectes.
En pratique on en fait quoi ? Que l'on soit de ceux qui pensent utiles de savoir quel est la capacité d'hypnotisabilité de son patient ou de ceux qui font sans : on s'adapte !
Comme toujours, grâce à l'observation fine du patient, en entretenant l'alliance thérapeutique, en apprenant au patient l'autohypnose, ce qui va lui permettre de s'entrainer et en mettant en place tout un écosystème propice à l'hypnose.
Chez Ipnosia, on pense que l'hypnotisabilité n'est qu'un facteur de la séance, il n'empêche pas le patient de bénéficier de cet état de conscience non ordinaire qu'est l'hypnose si on l'installe dans une relation thérapeutique vivante, adaptée et incarnée, qu'on s'adapte au patient et qu'on lui laisse le temps de développer ses capacités et sa curiosité à explorer cet état.
Durant nos formations, vous apprenez à limiter l'anxiété anticipatoire, à créer un relation sécurisante pour le patient, à s'adapter à lui, à son fonctionnement et à utiliser la motivation et les intérêts du patient.








